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news — By Garrincha

Blow (Me) Up

Envie de souffler ? Très bien, mais soufflons fort alors. Soufflons de tous nos poumons, de toutes nos forces, à s'en décoller la plèvre. Dans un truc qui fait du bruit. Des cuivres.

00:02 

Eric Matthews - Fanfare

Eric Matthews reste encore et toujours un de ces gars obscurs qui auront joué avec d'autres (en l'occurence Richard Davies, Lou Barlow et Elliott Smith, entre autres). A la blogo, on l'aime d'amour depuis longtemps. Surtout quand il nous envoie dans la gueule des vagues et des vagues de trompettes qui ne faiblissent jamais.

00:25
Dusty Springfield - Love Power

Inutile de revenir sur la classe folle de Miss Dusty. En revanche, ce "Love Power" planquée dans un recoin de sa discographie a ceci de particulier, qu'elle est quand même assez up-tempo pour cette reine des ballades semi-groovy. On peut même raisonnablement dire qu'elle s'emballe complètement dès la 25ème seconde. Oui, pile quand la section cuivre débarque, sans doute un hasard incroyable.

00:28
Donovan - Get Thy Bearing

Cette chanson tangue dès le départ. La faute à l'écho sur la batterie, à la voix de Donovan qui semble se surprendre elle-même, se demander ce qu'elle fout là. Et la faute à ce saxophone (oui, je sais) qui prouve que cet instrument peut produire des choses plus légères que l'air et qui trace des volutes de douceur ivre dans le ciel. On est pas chez Morphine quoi...

00:40

Love - Alone Again Or

Là, c'est pas compliqué, il a été prouvé par un symposium de musicologues unanimes que la trompette avait en fait été inventée avec comme finalité ultime de débarquer à la 40ème seconde de cette chanson. Ce qu'elle fait très bien d'ailleurs.

00:57
Elbow - Starlings

Ici, les cuivres se font rageurs. Ils débarquent d'un coup, d'un seul et ne s'éternisent pas. Ils ne font que ponctuer. On sentait bien dès la première seconde qu'il y avait là une tension indicible, quelque chose qui allait craquer, rugir et nous mordre l'oreille.

01:18
The Byrds - Draft Morning

En terre byrdienne, je ne suis pas certain que "Draft Morning" soit un incontournable. La chanson est pourtant d'une légèreté inouïe, toute en arpèges oniriques. Elle donne envie de marcher sous le vent, dans les matins un brin trop frais. La trompette qui vient ensuite fait un peu n'importe quoi, mais c'est juste l'orage qui arrive. Et il ne fera évidemment que passer.

01:24
Belle & Sebastian - Dog On Wheels

Dans toutes les plus belles chansons de Belle & Sebastian, il y a ce moment où la chanson s'infléchit vers autre chose, quand elle prend de la hauteur (ou de la profondeur, c'est une question de perspective). Les écossais avaient quand même un don pour réussir ce genre de prouesses : s'intaller tout en douceur, puis peu à peu, doucement, sans rien brusquer, s'envoler. C'est ça d'avoir le luxe de pouvoir compter sur tout un orchestre, et au milieu sur une trompette.

01:30
Calexico vs. Iron&Wine - History of Lovers

Quand Iron & Wine est allé fricoter avec les Calexico le temps d'un EP, il avait sans doute envie d'étoffer le son qui a fait ses premiers succès. Grand bien lui en a fait, au vu de ses productions postérieures. Le voilà qui se retrouve avec une chanson incroyablement enlevée pour lui (presque du speedcore, attention) qui donne l'impression qu'on vient de remporter une victoire décisive. Dans quelle guerre et pour quoi, on ne sait pas trop, mais reste ce sentiment qu'on vit mieux le poing dressé.

02:03

Beirut - Un dernier verre pour la route

Qui dit cuivres dit Zach Condon voyageant à travers l'Europe. "Un dernier verre" est pour moi un peu à part parce que pour une fois il retarde autant qu'il peut l'entrée de son groupe dans la chanson. Il fait d'ailleurs un peu la même chose sur "The Penalty". Et quand l'orchestre s'invite, on a l'impression de tomber dans les bras de vieux amis qui arrivent enfin et qu'on a passé la soirée à attendre.

02:19
Portishead - Magic Doors

J'en ai déjà parlé. Lorsque sonne la 19ème seconde de la deuxième minute de ce morceau, il y a ce cri d'alarme et de ralliement qui résonne un temps très court. Il est bref, compressé, contraint, vindicatif. Il est tout ce dont on a besoin pour sonner la révolte.

Vous auriez pu aussi danser langoureusement avec Bacharach ou vous lancer dans une cavalcade folle avec Calexico, mais finalement non.

- Photo de Ben Lanz par Lalla Al