Arnaud Fleurent-Didier et vous, par Dr Blogo

On se pose beaucoup de questions autour du troisième album d’AFD. Son premier disque, sous le nom de Notre-Dame, puis son Portrait du jeune homme en artiste, lui avaient gagné des admirateurs peu nombreux mais fanatiques, y compris ici même. La signature sur une major offre à La Reproduction une audience plus large, mais suscite aussi des interrogations inquiètes : est-ce la révélation d’un génie méconnu ? ou faut-il au contraire démasquer l’imposture d’un poète maudit de pacotille ? Docteur Blogo a décidé d’analyser les avis des lecteurs et des contributeurs de la Blogothèque pour tenter de résoudre l’angoissant dilemme, en considérant successivement les différents symptômes anxiogènes.

1 – « La musique est pompée sur plein de vieux trucs, et certains même un peu rances. »

« J’entends surtout une copie (ostensible ?) d’un titre bien connu de Gainsbourg, enregistré et composé par des amis anglais, d’après Dvorak » (Groin)

« François de Roubaix n’est pas loin » (fabest)

« La musique pioche chez plein de trucs. J’adore la musique jazz-funk Fm de « Reproductions » par exemple, mais je comprends que ça puisse paraître un peu rude. » (Jamais Pareil)

« on dirait un peu du Michel Berger » (un lecteur anonyme)

« c’est du Michel Delpech aussi ? » (Bicarbonate de Soude)

« Delpech, c’est pas honteux (je parle de ses vieux disques). Et puis des arrangeurs comme ça, il n’y en a pas des masses » (Rom).

L’analyse de Dr Blogo : la musique peut être jugée passéiste, mais de toute évidence c’est du très haut niveau, arrangements comme mélodies. Et puis, on ne va pas rouvrir le débat sur les Michel.

2 – « Les paroles, c’est du parisianisme bourré de références à la Vincent Delerm. »

« C’est Vincent Delerm qui aurait arrêté les anti-dépresseurs » (Nora)

« Je ne savais pas que Vincent Delerm avait un contrat avec PUF » (Song-au-cul)

« La voix et le type de texte me font penser à ce que faisait Katerine il y à déjà une bonne poignée d’années. Parler de Lukacs dans une chanson, ok, l’ensemble reste un petit peu dandy-prétentieux non ? » (Groin)

« Le "Losing my edge" français. Déprime. » (un lecteur anonyme)

L’analyse de Dr Blogo : même les plus parisiens redoutent l’accusation de parisianisme, souvent associée au risque de dépression. Soyons clair : s’il chantait en anglais, personne ne le ferait chier pour ça. Est-ce qu’on reproche son "mancunisme" à Morrissey ? Chanter en français fait parti des risques pris ; la raison inconsciente de la gêne ressentie est sans doute plutôt à chercher du côté de l’usage très premier degré qui est fait de la langue française : sa sincérité, sa totale absence d’ironie (sauf peut-être sur “My Space Oddity”, et encore), bref sa désarmante naïveté, qui distingue (heureusement) AFD de Bénabar ou Delerm, mais aussi par exemple de Katerine. Evidemment, sur un titre comme "Risotto aux courgettes", l’absence de second degré demeure assez troublante.

3 – « Ce n’est pas un chanteur ! »

« Il chante peu (ou presque pas) » (Twist)

« Sa voix est chiante » (Bicarbonate de Soude)

L’analyse de Dr Blogo : bien sûr, il y a un problème avec la voix. Mais comme Dominique A. le faisait récemment remarquer, « Ce qui reste dans la chanson, ce sont les bons interprètes ; les bons chanteurs, on s’en fout ! Daniel Darc, par exemple, est un interprète sublime alors qu’il est un chanteur exécrable. Mais il est dans une telle justesse de ton qu’il en devient bouleversant. » AFD n’a peut-être pas la facilité naturelle de Daniel Darc, mais il va sur la plupart des titres vers un parler-chanter qui lui évite les envolées lyriques qui tombent à plat.

4 – « Je ne comprends pas, il y plein de choses que je déteste, et pourtant certains trucs me filent la chair de poule. »

« Bizarrement il y avait tout pour que je n’aime pas mais j’ai quand même eu quelques frissons à l’écoute. Il y a un côté épique, chanson-somme qui se dégage, grâce aux cordes et à son phrasé aussi. » (fabest).

« Je sais pas trop quoi penser. Je suis perdue entre ‘ce mec est un pur génie’ ou ‘c’est quoi cette bouse ?’ Les textes sont bien mais quel parleur. Sa voix est chiante mais obsédante. Et les productions sont cools et parfois sublimes, mais c’est du Michel Delpech aussi ? Il est toujours sur le fil, et un jour je trouve ça mortel, un autre je me dis Dieu que c’est inécoutable. » (Bicarbonate de Soude)

« Certaines phrases sont très belles mais systématiquement saccagées par la suivante. L’orchestration genre Polnareff qui fait du Christophe me crispe. Le parisianisme lourdingue de l’ensemble du disque me crispe encore plus. Mais il y a des moments qui me parlent vraiment. Le dernier titre dit très franchement de très belles choses sur les relations père/fils. Et surtout je me demande s’il parle à son père ou s’il imagine son fils qui lui parle dans un jour futur ("la reproduction" quoi, on en est tous là, même en faisant tous les efforts on finit parfois par reproduire peu ou prou les même conneries ou ratages que nos parents). » (DJ Barney)

L’analyse de Dr Blogo : alors, génie ou imposteur ? certains sont tiraillés entre les deux options, d’une chanson à l’autre, voire à l’échelle d’un seul morceau, ce qui ressemble fort à un début de schizophrénie critique. Est-ce grave ? Non, car avec AFD comme avec certains cinéastes (par exemple Lars von Trier ou Zulawski), on est forcément dans le tout ou rien. Dancer In the Dark ou ‘France Culture’, on ne peut pas trouver ça "sympa" ou "intéressant", on trouve ça génial ou à chier (voire les deux à la fois). Quand une création suscite ce type de réaction, c’est très bon signe : ça signifie que le gars y a été à fond, quitte à déraper, mais que le but n’était pas de caresser dans le sens du poil - Dieu vomit les tièdes et tutti quanti.

5 – « Mais alors, est-ce que ça ne serait pas un chef-d’œuvre inavouable ? »

« Cette impression de confidences fait que c’est un album un peu plaisir coupable. On ne peut pas vraiment l’écouter au bureau, avec des gens. Là il devient agaçant car c’est presque de l’intime. Là je ne l’aime plus. Comme l’amant qu’on n’assume pas. (…) C’est un album que j’aime d’un amour difficile. Si quelqu’un me dit que c’est naze je n’aurai pas le cran de le défendre. Et je ne le conseille pas à tour de bras. Je me cache derrière les autres : ’tiens écoute ça - tout le monde s’emballe dessus’. Je dis l’écouter par curiosité. Que je trouve ça bien mais sans plus en restant évasive... comme si l’aimer ce serait mal. » (Bicarbonate de Soude)

« En général j’assume pas mal de choses (il n’y a qu’à voir les trucs dont j’ai parlé dans les disques du dimanche). Mais c’est vrai, il y a des musiques qu’on aime en groupe mais qu’on n’écoute pas tout seul et des musiques pour soi dont on se rend compte en public qu’elles nous mettent un peu à nu. Pour moi, Arnaud Fleurent-Didier, c’est un peu un Christophe dont les textes nous toucheraient carrément. C’est notre Christophe à nous. Il a le côté borderline d’un Christophe sans le côté homme mature qui plaît aux secrétaires de direction (je veux dire, on ne l’imagine pas frayer avec Michelle Torr), sans les obsessions juke box et rock’n’roll, c’est pas la même époque. Comme Christophe, il ose des choses hyper casse gueule et ça passe, mais pas pour tout le monde. (…) Je viens d’écouter l’album, deux fois, et je crois que c’est un chef-d’oeuvre en fait. Ca fait un peu peur de dire ça, mais je crois quand même que c’est à ranger à côté des grands albums de variété française (appelez ça pop si vous préférez). (…) La dernière chanson, c’est beau comme du Caussimon. » (Jamais Pareil)

« J’ai un orgasme auditif. C’est rare. Et ça fait du bien. » (un lecteur anonyme).

L’analyse de Dr Blogo : au même titre que la sexualité, la musique est un facteur essentiel de l’épanouissement individuel. Dans les deux domaines, on ne peut parvenir à assumer ses envies et ses besoins qu’en franchissant certaines barrières, en dépassant certaines peurs – ce que j’identifiais naguère comme le « surmoi normalisateur et mortifère ». Les derniers témoignages le prouvent : ça vaut le coup d’essayer.

AFD assure la première partie de la tournée de Air, et sera au Méry (place Clichy) du 18 au 25 janvier. À vous de voir.

le 3 janvier 2010 par Fandor
commentaires •

Arnaud Fleurent-Didier et vous, par Dr Blogo

Bah oui, artiste un peu fragile et precieux, intransigeant mais surtout tres honnete, lucide et intelligent (semble-t-il), agaçant oui mais sans commune mesure avec les insoutenables Biolay, Delerm et consorts et toute leur "ironie". Je vote pour !

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4 janvier, par Pinpin

Arnaud Fleurent-Didier et vous, par Dr Blogo

"Total absence d’ironie", dis-tu ? Je crois que nous n’avons pas écouté le même disque... Ou alors c’est que nous ne rions pas aux mêmes choses. L’humour grinçant de AFD n’est certes pas du goût de tous.

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4 janvier, par YD

Arnaud Fleurent-Didier et vous, par Dr Blogo

J’avais écouté son album précédent en boucle il y a près de 7 ans. Un vrai délice..Evidemment, c’est un peu plus long à prendre en bouche qu’un single des Gossip mais ça vaut le coup..Et puis, on entend tellement de musique binaire ces dernières années qu’entendre des gens comme les pet shop boys, prefab sprout ou arnaud-fleurent didier ne peut nous faire que du bien. Musique vieillotte ? Il en est de certains morceaux comme des bons vins, sublimés par le temps. J’adore De Roubaix, Gainsbourg, le Stéphanois de Lavilliers, l’enfant assassin des mouches de Jean-Jacques Vanier, Polnareff’s de l’ami Michel, Jaune de Jean-Pierre Ferland, Bondu, Méliès et plein d’autres... Avec AFD, je retrouve un peu de tout ça, et je suis heureux de prendre du temps, pas mal de temps pour m’approprier son univers...Tête à claque ou pas, j’en sais rien, et....je m’en cogne comme de mon premier album panini :-). Vive la reproduction, donc, et un grand merci à AFD...

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4 janvier, par roots

Arnaud Fleurent-Didier et vous, par Dr Blogo

Si on décide d’aller voir, on est pas obligé de rester pour les insupportables Air ? Hein, dites ?

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5 janvier, par un courageux anonyme

RE : Arnaud Fleurent-Didier et vous, par Dr Blogo

Je confirme : c’est impossible de bosser avec cet album.

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5 janvier, par un courageux anonyme

Arnaud Fleurent-Didier et vous, par Dr Blogo

Amusant cas clinique, ce AFD. Bien vu, Dr Blogo.

Lu dans les commentaires : "AFD est honnête". Ben oui, c’est ça le problème, même. C’est honnêtement soporifique. Etre honnête, ça oblige pas à être ennuyeux... Là, j’ai beau faire l’effort, je m’emmerde. Alors qu’un Bashung me procure un infini plaisir. Etrange ça. Ca me fait pareil avec Delerm. Je crois que je n’aime pas les choses simples et précieuses comme les vieux pulls qu’on garde quand même pour l’automne ou écosser des petits pois le dimanche.

Tiens, je vais réecouter le California Queen de Wolfmother.

halalalala, cette chanson française, faut qu’elle arrête le Nordaz/Lexomil. Pas bon les mélanges.

Olivier

http://www.whereismysong.net

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5 janvier, par Olivier R.

Arnaud Fleurent-Didier et vous, par Dr Blogo

Un disque humblement, discrètement, magnifiquement construit. En alternant les vides de l’histoire familiale et une certaine indécision sociale et affective, sinon une insatisfaction, AFD dit avec une ironie réelle que ce qui mine la chanson française (et en même temps, qui lui confère son identité, dans laquelle il s’inscrit pleinement), c’est son incapacité à faire le lien entre l’origine (historique, parentale, culturelle) de celui qui parle et ses petits problèmes quotidiens. Introspectif, "La Reproduction" l’est au sens le plus noble du terme, et le projet d’AFD est immense : faire à travers son histoire le portrait d’une génération.

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6 janvier, par un courageux anonyme

Arnaud Fleurent-Didier et vous, par Dr Blogo

Je viens enfin de l’écouter. C’est juste splendide.

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6 janvier, par Chryde

Arnaud Fleurent-Didier et vous, par Dr Blogo

Après avoir beacoup usé "portrait..." j’ai acheté ce midi "La reproduction", trois constatations :

1/ J’aime toujours ce chanteur

2/ On ne peut décidemment pas travailler en écoutant ce disque.

3/ J’en suis à l’écoute de "Je vais au cinéma" , et le piano de "A girl called johnny" des waterboys c’est un peu trop, d’autant qu’il m’est impossible d’entendre s’égrener les secondes de ce morceau sans redouter à chaque instant l’intrusion de l’ignoble saxo des waterboys.

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7 janvier, par monsieur aperitivo

Arnaud Fleurent-Didier et vous, par Dr Blogo

Pour info il y a eu deux albums d’AFD sous pseudo Notre-Dame au debut des annees 2000 : "Chansons Françaises" et "Comment L’Amour Est Mort" ainsi qu’un 3e sous le mm pseudo a la fin des 90s alors que ND etait encore un duo (album sur lequel on retrouve la magnifique chanson eponyme "Notre-Dame"). L’acolyte d’AFD au sein de ce ND premiere formule s’appelait Maxime Cannesson (si ma memoire est bonne) et avait par ailleurs publié de son côté un remarquable album solo au début des 00’s. De la tres bonne came tout ça !

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8 janvier, par poney

Arnaud Fleurent-Didier et vous, par Dr Blogo

Au secours ! Rendez-nous Arnaud Michniak !

Nan, honnêtement : inventaires à la Delerm, clichés empilés en colliers, humour pas drôle, profondeur de surface, arrangements en tapisserie... pitié, s’en est trop, ça ne résiste pas à 2 ou 3 écoutes. Un Michniak, par exemple, tient mieux la route en dépit de ses défauts. Je dis ça je dis rien (rendez-nous Jacques Lanzmann !).

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9 janvier, par Piero

RE : L’enfer Tiède

oué, choisi ton Arnaud camarade. D’accord avec Piero. Arnaud MICHNIAK nous emmerde pas avec son pôpô, son pépé et sa mémé. Même Delerm nous emmerde pas avec ça. Bonjour les jeux de mots foireux sur l’Occupation. Arnaud MICHNIAK met en mots et en musique ce que Guy DEBORD faisait au cinéma lorsque par exemple Debord mettait côte à côte des plans de panneaux de circulation parisien en allemand pendant l’Occupation et la signalisation routière dans les villes aujourd’hui. Forme de détournement que AFD a d’ailleurs pas mal réussi à sa manière avec le discours très lyrique de Dominique de VILLEPIN à l’ONU sur une musique très Main-sur-le-coeur-pour-la-paix-dans-le-monde ou avec "France Culture". Sinon, c’est trop narcissique à mon goût, qui sait pas quoi penser, faire avec son époque, avec faux air de pas y toucher, bourgeois mou qui cite Lukacs, distanciation à la con, préciosité étudiée jusque dans les ravalements de salives, soupirs etc... pouark !! Je comprends pas tout le foin qu’on fait autour de ça. S’il fallait faire des débats dès qu’un trentenaire gémit, on aurait pas fini

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20 janvier, par un courageux anonyme

comment taire…

Je suis toujours étonné du talent consacré à dire du mal, à décrier, à casser. Les mécanismes de chasses aux sorcières à 3 sous sont à la manœuvre quelque soit l’enjeu, d’autant plus implacables que les dits enjeux seront futiles.

Moi j’ai craqué sur "La reproduction" d’Arnaud Fleurent Didier, alors que je suis réservé sur ses disques précédents. Je trouve dans ce disque un vrai talent musical et un œil sur ce que nous vivons, nous, gens de France en 2009 ou 2010 et parions-le 2011.

Oui les chansons de AFD sont truffées de références, d’emprunts et comment faire autrement ? A ce propos chacun peut jouer à comparer les références qu’il aura sû identifier, pour faire le cuistre. En revanche je trouve qu’Arnaud F. D. rend bien compte du désarroi d’une grande partie de la société par rapport à "la culture" qui ne sauve de rien, à "la politique" qui ne donne plus de direction, il rend bien cette putain de perte de sens dans laquelle on se débat non ? Son disque me rappelle ma découverte du livre de Houellebecq "Extension du domaine de la lutte" sur lequel j’avais sauté à la suite d’une chronique de Michel Polac… Il y a une vraie jubilation dans la mise en scène des hésitations, des fragilités de la voix d’AFD, ce traitement, qui n’est pas exempt de préciosité (et alors ?), balance entre sincérité et artiifice, comme lors d’une parade amoureuse (cf "La part d’ombre ou la stratégie du paon" de Roberta Panuelos chez Personne).

Et puis l’humour ? Ce disque est un petit chef-d’œuvre de distanciation mais il sait ne pas s’emballer, il sait conserver l’émotion, merci Monsieur AFD, vos névroses me font du bien.

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10 janvier, par Chrisnoone

RE : Un peu déçu

Fan absolu du "Portrait", je reste un brin déçu par ce nouvel album. Sans doute parce que la formule évolue peu, et que des titres plus faibles viennent déséquilibrer l’ensemble (l’insupportable "Mémé 68" et son pendant "Pépé 44", un humour parfois trop potache). Très beau disque, mais le chef d’œuvre reste pour moi le "Portrait du jeune homme".

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12 janvier, par Fauve

Arnaud Fleurent-Didier et vous, par Dr Blogo

Fan absolu du "Portrait", je reste fasciné par ce nouvel album. Sans doute parce que la formule évolue et que des titres plus forts viennent équilibrer l’ensemble (l’époustouflant "Mémé 68" et son pendant "Pépé 44", ). Le "Portrait du jeune homme"est un très beau disque, mais le chef d’œuvre reste pour moi cette Reproduction.

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12 janvier, par mathieu

RE : Arnaud Fleurent-Didier et vous, par Dr Blogo

Ha ha ha super humour. Content qu’on soit d’accord.

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13 janvier, par Fauve

Arnaud Fleurent-Didier et vous, par Dr Blogo

L’époque est tellement à la disette, que le premier truc à se mettre sous la dent, et ça y est, c’est le chef d’oeuvre. Il s’agirait de se calmer sur les dithyrambes, sinon c’est plus crédible pour personne. Bon j’ai écouté le disque par deux fois, je sais pas trop quoi en penser, on va dire que les influences sont réunies pour que ça me plaise, mais au final, ça ne me touche pas, mais en réalité j’ai peut-être réalisé une chose, AFD est le thérmomètre de l’ennui français, ce pays s’emmerde, c’est grave, en ce qui me concerne, je vis à Montréal et lorsque je reviens à Paris, je sens un tel vacuum dans le regard des gens, une sorte de demie-molle générale, de fadeur, ça se ressent jusque dans les conversations, la musique que les gens écoutent, ce qu’ils lisent. Si ce disque rencontre son public, ce sera alors la rencontre parfaite entre une nation qui se fait chier et un artiste qui le chante. Ce qui m’a fait le plus rire, c’est la chronique de Christophe Conte dans les Inrocks, cet energumène déscend Stereolab sans procès et fait l’apologie de AFD. J’ai l’impression que si on fait partie du sérail à Paris, on est catapulté par la presse, si on choisit comme Laetitia Sadier, de passer à l’ennemi, plus de pitié. Sinon je citerais Jason Pierce pour finir :

"Certaines personnes ne veulent pas adopter l’idée de la mort et de l’univers, c’est juste trop imposant. Ils préfèrent se concentrer sur les quelques mètres en face d’eux." En ce qui concerne AFD, ce sont les années derrières lui.

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12 janvier, par jacques

RE : Arnaud Fleurent-Didier et vous, par Dr Blogo

Notons qu’en matiere d’ennui Stereolab est plutot bien placé, et Spiritualized est quasi dans le tiercé de tête tout de même. Quant à AFD, il est plutôt désuètement charmant je trouve. Signé un parisien qui ne s’emmerde pas tant que ça.

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14 janvier, par Ragondin

RE : Arnaud Fleurent-Didier et vous, par Dr Blogo

Je ne répondrai pas à tes âneries provocationnantes, on est pas là pour se demander quel est le groupe le plus excitant du monde, ce qui est sur c’est que AFD n’est pas captivant pour un poil. Mon propos ce n’est pas de le descendre, il fait quelque chose qui sort du circuit traditionnel de ce qu’on trouve sur les majors, c’est à dire annoner des lieux communs sur une musique bâtarde, mais il va me falloir un petit peu plus que des resucées de cordes à la Colombier, des chansons gadgets pour dédramatiser le propos et des doléances d’enfant de la petit bourgeoisie qui n’a pas eu sa ration de bisous pour que je dégaine le mot "chef d’oeuvre". C’est juste honnête ce qu’il vient de sortir, ça déblaye le terrain (si gros succès il y a) pour un album avec plus de prises de risques, mais là je ne suis pas convaincu, et pourtant j’avais vraiment envie de l’être et c’est sincère. Ma petite note sur Stereolab n’avait peut être rien à faire là, c’était simplement parce que j’avais lu presque par hasard une vieille chronique du même journaliste (il parait qu’on dit journaliste), sur le groupe de Laetitia Sadier et quelques minutes après, celle sur AFD, avec une descente en flamme sans un seul argument pour les uns, et pour l’autre une réordonnance en règle des poils du cul. J’ai un problème, la mauvaise foi qui consiste à plaire au petit peuple proclamé de l’intra-muros qui se gargarise de son hectogramme de culture sur une planche de pain, je ne peux simplement pas la supporter. Je parle en connaissance de cause, je suis né à Paris. Ceci dit tu viens de faire une violente critique à l’encontre de ce pauvre Arnaud, "désuètement charmant" c’est exactement la pire des choses quand on veut prétendre à faire de la musique. Merde, si à 30 ans tout frais on est déjà dans un positionnement de retraité par rapport à l’art, et que les gens ne trouvent absolument pas de problèmes à ça, je m’en vais écouter de ce pas de vrais chefs-d’oeuvre. "Ou est passée ma copie de L’imprudence ?"

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15 janvier, par jacques

RE : Arnaud Fleurent-Didier et vous, par Dr Blogo

Nous retiendrons donc du passionnant commentaire de Jacques que ne pas aimer Stereolab est un signe déplorable de parisianisme, de snobisme journalistique et de mauvaise foi. Merci Jacques. Le parisianisme a bon dos tout de même. Quand bien même Arnaud Fleurent Didier serait effectivement un chanteur parisianiste (ce qu’il n’est pas du tout, désolé ), il est quand même remarquable que le milieu indé français n’ait aucun problème pour aduler des chanteurs anglais ou américains solidaires de leur ville (Lou Reed avec New York, Ray Davis avec Londre, le Hip Hop avec Detroit, NYC encore etc.), mais tienne en horreur toute solidarité de quelque façon qu’elle s’exprime, d’un musicien ou d’un journaliste avec Paris.

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15 janvier, par Adi

RE : Arnaud Fleurent-Didier et vous, par Dr Blogo

Ça ne me pose aucun problème si on aime pas Stereolab. Je suis pas un fanatique absolu et ce n’est pas faire preuve de parisianisme que de détester. (D’ailleurs dans le local de repet d’AFD il y a une belle affiche de Stereolab... hein). Je déplore simplement que ceux qui font les carrières et qui tiennent les clés du succès critique sont les potes des potes, on ne se base plus sur la musique mais sur les relations de bon-voisinage. D’ai A la solidarité, je préfère l’indépendance d’esprit et de jugement, chose qui se fait de plus en plus rare au sein du sérail parisien et de toute cette nouvelle clique de frais émoulus. Je n’ai pas utilisé une seule fois le mot parisianisme, je prefererai l’expression Douce mafia, le fait que toute cette bande versaillaise soit maintenant au complet dans la lumière (tous les Tellier Phoenix Air AFD) je ne crois sincèrement pas que tous ceux là y seraient arrivé par la simple fait de leur volonté artistique ou de leur talent. J’ai encore des amis à Paris qui galèrent et se battent contre le prix du mètre carré, et de la promiscuité pour pouvoir faire aujourd’hui de la musique dans des conditions viables. Faire de la musique est devenu un privilège. On ne prête qu’aux riches, c’est bien entendu.

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15 janvier, par jacques

RE : Arnaud Fleurent-Didier et vous, par Dr Blogo

si ça peut te rassurer, le ska festif cartonne bien plus en France qu’Arnaud Fleurent-Didier et tous les artistes versaillais réunis. On ne prête pas qu’aux riches... Tu vois, on prête même à la musique pauvre.

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19 janvier, par karate

RE : Arnaud Fleurent-Didier et vous, par Dr Blogo

Désolé mon cher Jacques mais tu me fais rire cette histoire de ’mafia’ au sujet d’AFD.

Premièrement, il n’est pas versaillais. Je ne sais pas d’où vient cette rumeur.

Deuxièmement, AFD a 35 ans, c’est son quatrième album, les trois premiers étaient auto-produits, ça fait dix ans qu’il galère, pardon mais il a payé ses dettes.

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21 janvier, par WhistleTaste

RE : Arnaud Fleurent-Didier et vous, par Dr Blogo

dommage que tu te fasses ton avis sur ce disque en réaction aux critiques positives. A te lire, on se dit que si les inrocks avait chié sur ce disque tu aurais pu en dire du bien.

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19 janvier, par karate

Arnaud Fleurent-Didier et vous, par Dr Blogo

Moi j’entends toujours Erik Arnaud : un mix entre ses chansons "American Psycho" et "Comment je vis"...

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16 janvier, par Arnaud, sans Erik

Arnaud Fleurent-Didier et vous, par Dr Blogo

AFD a du talent. Mais je trouve l’album inégal.

Ma critique de La Reproduction sur Moustache Blog : http://bit.ly/4oLc7R

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19 janvier, par Emmanuel

Arnaud Fleurent-Didier et vous, par Dr Blogo

Je me permets d’intervenir pour confier que, d’après mon expérience,ce disque est génial. Ce qui le confirme : j’en suis peut-être à une bonne dizaine d’écoutes intégrales. Et à chaque écoute, il est plus cohérent, plus profond, plus dense, plus gonflé, plus bouleversant, plus violent, plus juste. Il est possible que pour atteindre la beauté, il faut non pas atteindre directement le sublime mais y mêler une dose de ridicule, le trivial, le bas-étage, si ce n’est le pusillanime, le lâche, le ressentiment, les joies mauvaises, les ricanements. Extrait d’une critique de la Symphone n°1, de Mahler : "Pour Mahler, le propos est d’emblée cosmique, démiurgique : « avec une symphonie, bâtir tout un monde. » Le premier mouvement - « telle une voix de la nature » - éveille la musique à partir d’un bruis sement primal. Dans le finale, allegro furioso, l’orchestre survolté déchaîne les bouillonnements de l’enfer. Entre ces deux pôles sonores, Mahler imprime sa griffe : un humour macabre et grinçant, avec une marche funèbre parodique (un canon sur la mélodie Frère Jacques), perturbée par des flonflons de bas étage. Ce contraste entre l’aspiration au sublime et le camouflet de la trivialité quotidienne ne cesse de déchirer sa musique comme sa propre existence, écartelée entre les charges de chef d’orchestre et d’opéra, et les retraites pour composer." Arnaud, donc, un mahlérien ?

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27 janvier, par un courageux anonyme

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